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Mesdames Messieurs,
" Publicité ", c’est
un mot qui nous vient du latin " Publicus ", il
signifie l’objet du peuple, la publicité fait
partie de la vie, de la culture et de la famille . C’est
un phénomène de société qui
intéresse tout le monde. Que serait notre monde aujourd’hui
sans la publicité ?
La publicité est aussi la beauté
et la force de la création publicitaire, c’est
la liberté de l’imagination ; elle nous informe
; elle tente de nous faire rêver.
Cette liberté trouve son fondement dans le principe
de la liberté d’expression consacré
par l’article 8 de la constitution tunisienne.
La publicité est d’abord
, définie comme une communication de masse ayant
pour objet la stimulation de la demande d’un produit
ou d’un service donné en utilisant une stratégie
de communication visant à transmettre un message
à un groupe déterminé d’individus,
elle joue par là un double rôle :
le premier rôle, consiste à faciliter le contact
entre le producteur ou le commerçant ou le prestataire
de service émetteur du message publicitaire
et le consommateur récepteur du message par l’intermédiaire
d’un support télévision, radio, cinéma,
presse écrite etc. ce qui contribue à la réalisation
d’un certain équilibre entre l’offre
et la demande donc des échanges économiques
le second rôle, consiste à promouvoir, à
vanter les qualités du produit ; elle donne à
chaque produit sa personnalité ; elle se base sur
ses propriétés physiques réelles et
crée en même temps une valeur psychologique
du produit.
En effet, elle apporte de nouvelles habitudes
relatives à la nature des produits consommables et
à la manière dont est faite leur consommation,
la publicité doit pouvoir être considérée
comme un art populaire.
La publicité apparaît comme
un phénomène global ; son origine est commerciale,
ses moyens sont psychologiques ; ses effets sont économiques,
sociaux et culturels et comme tout phénomène,
la publicité n’est pas à l’abri
des critiques.
L’Organisation de la Défense
du Consommateur profite de cette occasion pour attirer l’attention
des professionnels sur les points suivants :
La publicité peut bouleverser la
hiérarchie des besoins ; elle réussit à
faire passer l’inutile pour l’indispensable
; elle peut même stimuler le désir du luxe
et du confort ; elle serait ainsi source de gaspillage.
Elle pourrait aussi devenir source d’insatisfaction
si le consommateur est incapable de se procurer les produits
objet de la publicité.
Sur le plan économique, elle peut
constituer non seulement un obstacle à l’épargne
mais elle peut favoriser surtout le phénomène
de l’endettement des ménages .
Considérée comme un instrument de concentration,
elle permet aux entreprises importantes de s’étendre
au détriment de celles qui ne peuvent pas lui réserver
un budget aussi important, et empêcher de nouveaux
concurrents d’accéder aux marchés .
Comme tout phénomène, la
publicité à ses avantages et ses inconvénients
; mais ceci ne l’empêche pas d’exister
; elle est peut être un mal mais un mal nécessaire,
indispensable dans l’économie moderne qui se
caractérise par la production de masse . Ceci se
manifeste surtout dans les pays industrialisés.
En Tunisie on constate une prospérité
du secteur publicitaire surtout après la mise en
œuvre des programmes de libéralisation et d’ouverture
et notamment après la promulgation de la loi du 29
/ 7 / 1991 relative à la protection du consommateur
complétée et modifiée plusieurs fois,
la dernière en date du 10 / 5 /1999.
En réalité, la nécessité
de la publicité n’est plus à démontrer
c’est l’un des éléments constitutifs
de l’économie de marché, d’où
la nécessité de réglementer ce secteur.
La réglementation est soucieuse
d’établir l’équilibre entre des
intérêts parfois opposés mais toujours
liés de l’annonceur et du consommateur ; le
message publicitaire ne doit pas, sous couvert de la liberté
d’expression, nuire à ces intérêts.
La publicité doit être véridique
sans pour autant se confondre avec l’information pure
et sans abuser de son pouvoir attractif pour tromper le
consommateur. La publicité mensongère nuit
à tous, aux consommateurs et aux concurrents y compris
la publicité elle même si elle se transforme
en une source de méfiance.
En effet, la loi tunisienne du 7 / 12 /
1992 relative à la protection du consommateur constitue
le premier texte qui interdit dans son article 13 d’une
manière expresse la publicité mensongère.
Il est à signaler que la définition de la
publicité mensongère évoquée
dans le cadre de la loi est large, ce qui exprime le souci
du législateur tunisien de ne rien laisser échapper
aux organes chargés de la répression de la
fraude.
En effet, pour que le délit de
publicité mensongère soit constitué,
il faut établir que la publicité est fausse
ou qu’elle est de nature à induire le consommateur
en erreur sans que l’élément intentionnel
ne soit exigé, et ceci quel que soit le support utilisé
et particulièrement à travers la télévision
nationale.
En vérité, le législateur
ne peut pas répondre à tous les problèmes
de la publicité ; l’autodiscipline reste indispensable
principalement pour deux raisons :
la rapidité de l’évolution de la publicité
exige la liberté et la souplesse, qui ne peuvent
pas être offertes par la règle de droit ;
elle peut jouer un rôle éducatif qui respecte
la déontologie et les codes de conduite créés
par les professionnels eux-mêmes.La publicité
doit être véridique, loyale, identifiable,
décente. Pour atteindre ses objectifs, l’autodiscipline
exige deux conditions :
que les professionnels de la publicité (annonceurs,
agences de publicité, supports) soient tenus de respecter
les normes requises
que
les organes de contrôle doivent, de leur côté,
veiller au bon respect de ces normes et indiquer les dérapages
par les voies légales .
En effet, l’autodiscipline peut jouer un rôle
complémentaire au droit et elle permet surtout d’en
compenser les lacunes.
Autodiscipline et législation sont
les deux moyens qui permettent d’instaurer l’idéal
équilibre dans le rapport consommateurs-annonceurs
.
La publicité a besoin du consommateur, pour gagner
sa confiance, elle ne doit pas le manipuler ou le tromper,
elle doit tenir compte de ses intérêts ; elle
doit contribuer à éclairer son choix et amener
plus de liberté à son acte d’achat.
L’ODC œuvre pour sensibiliser
et informer le consommateur sur la question tout en relevant
toute dérive et tout excès qui risquent de
nuire au consommateur ou à son budget.
Elle le fait en organisation responsable
et consciente de l’importance et de la portée
de la publicité et en concertation avec les parties
concernées.
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