Les attentes des médias
Par M. M'Hammed MAHJOUB
DGA de l'ANPA (ERTT)
   

Permettez moi tout d’abord d’adresser au nom de Monsieur le président de l’établissement de la radiodiffusion télévision tunisienne mes remerciements à l’union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat et plus particulièrement à la chambre syndicale des agences de publicité pour nous avoir invité à prendre part à ce séminaire.

Bienvenue aux invités et notamment aux responsables du bureau de la vérification de la publicité, aux représentants des agences conseil ainsi qu’aux annonceurs venant de pays voisins et amis , je leur souhaite de passer un agréable séjour en Tunisie.

L’introduction de la publicité à l’ERTT a fait l’objet de plusieurs études au niveau du Ministère de l’Information en 1975, puis en 1982, et c’est un Conseil Interministériel du 14 Mars 1987 qui en a adopté le principe.

Et c’est ainsi, que le 19 Janvier 1988, a été diffusé le premier spot publicitaire sur la Chaîne nationale de télévision.

Face à la multiplicité des médias et conscients de l’efficacité de la publicité Radio Télévisée les professionnels du métier ont été ainsi amenés à investir, de plus en plus, à travers ce support pour la promotion.

L’accroissement considérable de ces investissements et le souci d’améliorer les programmes en qualité et en nombre a incité le législateur à créer l’agence nationale de promotion audiovisuelle (Loi 97 – 38 du 2 Juin 1997) ayant pour missions la gestion de la publicité, la promotion audiovisuelle et la commercialisation des produits audiovisuels.

L’ANPA qui n’a réellement commencé à fonctionner qu’en Juillet 1998, a enregistré un accroissement important de la production locale financée grâce à l’amélioration des recettes publicitaires.

Il est aujourd’hui indéniable que l’ERTT se doit dans le but de promouvoir ses programmes d’être à l’écoute des annonceurs qui sont pour elle et pour l’ANPA des interlocuteurs de choix.

Cependant les spots publicitaires posent certaines difficultés d’ordre juridique :


           Qui est responsable du contenu du spot ?


           Où commence la responsabilité du diffuseur ?


           Le diffuseur est-il, par exemple, responsable en cas de concurrence déloyale ?


           Quelle est la part de responsabilité de l’ERTT dans certains cas ?


           et notamment :
- En cas d’utilisation dans un spot d’une musique, ou d’un texte pour lequel l’annonceur ne détient pas le droit d’exploitation ?
- Si la publicité est promotionnelle et qu’un gagnant d’un jeu n’arrive pas à obtenir le cadeau objet du jeu.
- Ou si la société productrice d’un spot qui utilise un mineur n’ayant pas pris la précaution d’obtenir une autorisation parentale préalable.

           Qu’en est–il alors des procédures adoptées pour réglementer ce secteur.

En l’absence de textes juridiques adaptés exclusivement pour la publicité audiovisuelle et dans le but d’adopter une ligne de conduite dans l’acceptation des spots conforme à la réglementation Tunisienne et notamment celle relative à la protection du consommateur et à la concurrence l’ERTT puis l’ANPA se sont fait aider dans leur décisions par une commission consultative composée de représentants de cet établissement et de différents départements.

En règle générale, les annonces publicitaires ne peuvent être diffusées sur antenne qu’après obtention d’un « visa de passage » délivré par la commission de la communication publicitaire radiodiffusée et télévisée instituée auprès de l’ANPA, et ce dans le but de veiller au respect des intérêts des téléspectateurs et des auditeurs, et de vérifier que le produit est en conformité avec les normes techniques et les règles déontologiques exigées.

En 2002 la commission s’est réunie plus de 50 fois et a statué sur 700 spots audiovisuels environ.

Il ressort des procès verbaux de cette commission qu’une partie infirme des spots a été non pas rejetée catégoriquement mais retournée aux annonceurs pour les corriger en tenant compte des remarques justifiées et par ailleurs acceptées par ces derniers.

La commission a pour objectifs de trouver une adéquation entre la liberté d’expression commerciale manifestée par les annonceurs et la responsabilité qui incombe à l’ERTT, et c’est dans un but d’autodiscipline qu’elle veille entre autre lors de l’examen des spots à éviter :

- La publicité comparative
- La publicité mensongère
- La publicité sur l’alcool, le tabac
- La violence

Et en général tout ce qui est contraire à la déontologie et à la réglementation en vigueur , mais il est vrai que le sérieux de nos annonceurs, et de nos agences fait que tout ce qui parvient à la commission est en respect total avec la déontologie.

Il n’est pas toujours aisé pour L’ERTT d’assumer son rôle de service public, diffuseur de la publicité tout en préservant la liberté d’action de sa filiale l’ANPA appelée à jouer son rôle de promotion.

Consciente de toutes ces difficultés, l’ANPA a instauré des traditions de débat et de concertation avec les annonceurs pour restructurer, régulariser le secteur de la publicité audiovisuelle, en les associant à la prise de certaines décisions comme cela a été fait lors de l’établissement du cahier de charges de la publicité relative à la coupe du Monde 2002.

L’ANPA va continuer dans ce sens, par la mise à jour de son règlement intérieur devant régir la publicité, en essayant de l’aligner aux pratiques commerciales à la lumière des expériences réussies dans le monde.

Elle demeure à l’écoute de toutes les suggestions visant à instaurer plus de mesures incitatives lui permettant ainsi qu’au secteur des annonceurs de rebondir, d’accroître les recettes publicitaires d’améliorer la qualité des programmes et garantir un meilleur partenariat tout en restant en respect total par rapport à la réglementation.

C’est dire, qu’une législation bien élaborée, un cadre d’arbitrage en cas de différents entre annonceurs et diffuseur, entre annonceur et utilisateur sont un préalable à une évolution du secteur.